Journal de bord d'une reconversion : du tout petit à l'infiniment grand
Ou pourquoi j'ai quitté les neurosciences pour l'ostéopathie animale ?
Pourquoi ai-je quitté les neurosciences ?
Commençons par le commencement : pourquoi ai-je quitté les neurosciences ? Et plus globalement, le monde de la recherche ?
Je suis arrivée dans le monde de la recherche un peu par hasard : refus en école préparatoire vétérinaire puis désillusion en faculté de médecine, j'ai fini sur les bancs de la faculté de biologie. Révélation, j'aime ce que j'apprends, ce que je fais, j'aime la vie à la faculté. Secrétaire d'une association étudiante locale puis membre d'une association étudiante nationale, je ne me pose pas vraiment de questions : j'ai de bonnes notes, une vie sociale épanouie, mon cursus académique suit sa route. « Pour une fois que je réussis quelque part, je ne vais quand même pas m'arrêter ! » est, sans le savoir, ma devise.
Acceptée dans les masters que je demande, je fais le choix de rester sur Poitiers, par facilité et peur du changement. Mes deux années de master se déroulent bien, je suis acceptée dans le laboratoire que je voulais pour mon stage de fin d'études. Là, le COVID arrive et je me rends compte que je suis heureuse de ne plus avoir à me rendre sur mon lieu de stage. Pourtant tout s'y passe bien : l'équipe est top, mon sujet de recherche avance, on me propose même de candidater à une bourse de thèse privée. L'angoisse de faire une bêtise en candidatant à cette bourse de thèse commence à pointer le bout de son nez.
Confinée chez moi et avec l'aide de mes chefs d'équipe, je commence à remplir le dossier. Le dossier est accepté. Je sens au fond de moi que je vais avoir cette offre de thèse, tout semble aligné.
Le seul hic, moi-même. Je me rends compte que je n'ai pas envie de continuer dans un domaine où tout est infiniment petit : une seule espèce animale, un seul type de récepteurs, une seule molécule. Je n'ai pas envie d'enchaîner les post-doctorats dans d'autres pays pour « booster » mon dossier et espérer réussir les concours internes. Je me rends compte que, si je suis arrivée ici, c'est uniquement parce que je le pouvais, à aucun moment je m'étais demandée si c'était ce que je voulais.
J'ai alors tout arrêté, à quelques jours du passage à l'oral. Je savais que si j'obtenais cette bourse, je ne serais pas capable de dire non. Est-ce de la lâcheté d'avoir arrêté sans avoir même essayé ? Peut-être. Mais aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir changé de voie.
Vite, la suite ! Comment suis-je arrivée à l'ostéopathie animale ?
Un peu comme tout ce qui m'arrive, par hasard. Je ne connaissais même pas ce métier avant même de faire des recherches sur tous les métiers auprès des animaux. rougis
Après avoir été diplômée de mon master en neurosciences, j'ai voulu me réconcilier avec la moi-enfant : j'ai tenté à nouveau d'entrer en école vétérinaire. Concours voie D, spécialisé pour ceux qui ont un master, comme moi. Je n'ai pas dépassé l'étape du dossier. Quand je relis ce que j'ai envoyé, je comprends, il n'y avait aucune âme dans mon dossier, on aurait dit que j'ai essayé de me formater à l'image de l'étudiante parfaite qu'ils attendaient. Il est possible de candidater deux fois à ce concours. J'aime croire qu'un jour je tenterai à nouveau ma chance et qu'avec mon dossier atypique, je serais prise. Mais je m'écarte du sujet !
Que vais-je bien pouvoir faire de ma vie ? Assistante vétérinaire, soigneuse animalier, gestionnaire d'une pension pour animaux ? Tout y passe mais rien de tout cela ne me fait vibrer. Et puis, un soir, dans mon lit, une recherche Google me fait cliquer sur « école d'ostéopathie animale ». Je farfouille un peu sur le site, j'aime beaucoup ce que j'y trouve, mes yeux pétillent. Puis j'arrive sur l'onglet « tarif » : 5 ans, 10k l'année. Je rigole et ferme aussi sec l'onglet : « qui peut bien mettre autant par an sur une formation sur 5 ans ?! ». Mais, mine de rien, la graine est plantée.
Rentrée 2021, la graine est devenue une plante et me voilà sur les bancs d'une école d'ostéopathie animale. Autant vous dire que je ne suis pas du tout l'exemple à suivre : j'ai écouté uniquement mon cœur et ma passion, à aucun moment je n'ai comparé les écoles ou étudié le marché à l'issue des études. tape sur la main
J'étais juste heureuse de commencer un cursus qui me correspondait parfaitement : bien-être animal, sciences, médecine... Même l'aspect controversé de l'ostéopathie faisait partie de ce que j'aimais : un brin d'anticonformisme qui resurgissait peut-être ? rire
Malgré quelques péripéties (changement d'école et beaucoup beaucoup de doutes), mon cursus se passe sans trop d'accroche : nouvelles amitiés, major de promotion, réussite du premier coup du fameux examen face aux vétérinaires (suffisamment stressant pour le notifier). Aujourd'hui, je ne regrette pas du tout mon choix de vie. Je suis fière de pouvoir dire que je suis ostéopathe animalier et que je suis cheffe de ma propre entreprise !
Pour conclure
Bon, c'est pas tout mais il s'agirait de conclure maintenant...
J'ai adoré apprendre tout plein de choses très précises et très complexes lors de mon cursus en neurosciences. J'ai également adoré ouvrir mon esprit et voir beaucoup plus grand avec mes études en ostéopathie animale. Grâce au croisement de ces deux parcours, je suis celle que je suis aujourd'hui : celle qui accorde autant d'attention aux tout petits détails qu'aux évidences.
Une question sur mon parcours, ou sur ce que l'ostéopathie animale peut apporter à votre compagnon ? N'hésitez pas à m'écrire.