Pour ceux qui n'ont pas choisi l'option « soins aux créatures magiques » lors de leur cursus, rappelons les bases : un hippogriffe, c'est un mélange majestueux de cheval et d'aigle. C'est fier, c'est susceptible, et surtout, ça a une mémoire d'éléphant combinée à un bec d'acier. Autant dire que débarquer dans son pré sans respecter le protocole, c'est l'assurance tous risques pour un séjour prolongé à l'hôpital le plus proche !
Chez les animaux de compagnie classique, la règle d'or est de se présenter calmement, de laisser l'animal flairer le dos de la main et de détendre l'atmosphère. Chez l'hippogriffe, oubliez tout ça : protocole de politesse et courbette obligatoires.
L'approche à pas feutrés : ne jamais, au grand jamais, courir vers un hippogriffe ou le surprendre par le flanc. La consultation commence à dix mètres de distance, en maintenant un contact visuel ininterrompu. Si vous clignez des yeux trop vite, il interprète ça comme de la lâcheté. Votre tête doit être assez haute pour montrer que vous n'avez pas peur, mais pas non plus trop haute, pour éviter d'être considéré comme présomptueux.
La révérence : vous savez quand vous commencez à vous baisser mais vous ne savez pas quand il sera possible de vous relever. Avant de pouvoir évaluer la moindre restriction de mobilité sur votre patient, vous allez devoir vous incliner profondément et maintenir la position. En fonction de l'hippogriffe que vous avez devant vous, de son âge et de son importance dans la horde, la révérence peut être amenée à durer trèèès longtemps. Échauffez vos lombaires avant de venir dans le pré !
L'attente du verdict : s'il vous rend son salut, vous avez le feu vert pour approcher et commencer la séance. S'il renâcle ou écarte les ailes, reculez lentement en arrière en priant pour qu'il ait déjeuné récemment. Croyez-moi, je suis repartie plus d'une fois sans avoir pu poser les mains sur cet animal, ils sont parfois trop fiers pour accepter l'aide de quelqu'un, malgré leur inconfort.
Une fois le pacte de non-agression validé, le vrai travail commence. Et anatomiquement parlant, c'est un grand écart permanent.
La charnière cervico-thoracique : entre les vertèbres cervicales taillées pour supporter une encolure aussi légère que redoutable et la charnière thoraco-lombaire qui encaisse les réceptions de vol plané, les tensions dans cette zone sont monumentales. Je tiens à préciser que, d'expérience, ce n'est pas si simple de demander à un hippogriffe d'incurver son encolure pour manipuler ses cervicales, eux qui n'aiment pas du tout la contention.
Majestueux dans l'approche, bruyant dans ses manifestations : contrairement aux sombrals qui communiquent leur bien-être par le froid et les cerbères en bavant, l'hippogriffe exprime son soulagement par un claquement de bec sonore qui résonne dans toute la vallée. Une fois, après avoir manipulé son bassin, un hippogriffe a claqué son bec si fort que j'ai senti mes cheveux se décoller de mon crâne.
Besoin d'une séance pour votre animal fantastique ? N'hésitez pas à prendre rendez-vous via le formulaire magique (chaque clic déclenche l'envol d'un hibou).