Ah, le Cerbère ! Qu'il s'agisse de Touffu ou d'un gardien de coffre un peu trop zélé, le chien à trois têtes est un patient fascinant... et redoutable concernant les casse-têtes (c'est le cas de le dire) anatomiques. Avec trois encolures qui se regroupent sur une seule et même ceinture scapulaire, les déséquilibres musculo-squelettiques sont gallions courante.
En tant que ostéo'mage animalier, voici comment j'interviens pour redonner le sourire à ces doux géants à six yeux.
Contrairement à un molosse classique, un chien à trois têtes signifie trois fois plus de réflexions, chaque tête ayant son caractère et ses caractéristiques.
La tête centrale, celle qui analyse : travail crânien obligatoire ! Elle bouge peu mais doit s'adapter aux contraintes de ses deux voisines en permanence, qui sont parfois complètement opposées... Sacrés maux de tête en perspective.
Les têtes latérales : souvent en hyper-sollicitation, elles doivent tout calculer et se coordonner pour être sûre d'aller dans la même direction... Imaginez si, en plus, elles doivent surveiller plusieurs coffres en même temps.
Le signe qui ne trompe pas : si les trois têtes ne sont pas d'accord sur la direction où regarder, cela crée des dysfonctions au niveau de la nuque associée à de sacrées tensions au niveau de l'encolure et de l'entrée de poitrine.
Traiter un animal de cette envergure demande un protocole strict (et quelques notes de musiques apaisantes à portée d'oreilles).
Étape de mise en confiance : ne jamais approcher par le côté aveugle d'une des têtes latérales. Il est vital de caresser les trois museaux en même temps pour éviter toute jalousie inter-cérébrale qui pourrait compromettre la manipulation.
Le schéma dysfonctionnel : je passe au crible les 21 vertèbres cervicales (oui, cela fait 7 par tête, le compte est bon). On observe souvent une asymétrie de port de tête : si la tête de gauche tire trop sur sa laisse ou fixe un visiteur suspect, toute la chaîne myofasciale du flanc droit compense.
Les ajustements doux : fini les manipulations brusques. J'utilise des techniques fasciales et myotensives. Chaque encolure présente ses propres dysfonctions mais un traitement sur les membres et le tronc permet de réguler l'entièreté de l'animal avec douceur et efficacité.
Zone à traiter en priorité : la charnière cervico-thoracique. Elle fait le lien entre le tronc et les 3 encolures, il est donc très important de la checker à chaque séance. S'il y a une zone qui s'adapte au moindre choc, c'est bien celle-ci ! Attention, conseil d'amie, la zone près du manubrium sternal est souvent chatouilleuse et peut déclencher des grattages de bien-être intempestifs.
Une séance d'ostéopathie tous les six mois garantit un gardien de porte infatigable, souple et surtout... bien dans ses trois têtes !
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